Sévèrement battus sur la pelouse de Gerland samedi soir, les Lyonnais sont passés complètement à côté de leur match. Simple accident de parcours ou vrai rappel à l'ordre ? Le cinquième titre de champion de France n'est en tout cas pas encore dans l'escarcelle des Gones.
Une soirée sans:
Plutôt que de chercher des grandes explications à la lourde défaite de son équipe, Gérard Houllier a opté pour la simplicité. « Il s'agissait d'un jour sans », a ainsi sobrement commenté l'entraîneur lyonnais. Avant d'entrer un peu dans les détails. « Cela a été une défaillance collective même si les joueurs ne se sont pas désunis. Il y a des moments comme ça où vous n'êtes pas dans un bon jour et où rien ne vous réussit. C'était le cas face à Rennes. D'autant que John Utaka était en état de grâce. »
La Ligue des Champions mal digérée ?
L'an dernier, les Lyonnais n'avaient jamais été battus suite à une sortie européenne. Une performance remarquable compte tenu des exigences de la Ligue des Champions. « Face aux Rennais, on a manqué un peu de tout mais surtout de fraîcheur, a estimé Gérard Houllier. Psychologiquement, on était un peu usés. » Fatigue physique et mentale : la recette n'a pas été digeste face à des Bretons qui ont remporté leurs duels et qui ont imposé leur jeu sur la pelouse de Gerland.
La tête aux sélections nationales ?
A trois mois de la Coupe du Monde, certains joueurs Lyonnais avaient-ils déjà la tête aux matchs internationaux qui auront lieu cette semaine ? La question a été clairement posée par Jean-Michel Aulas à l'issue de la rencontre de samedi soir. Et quand on regarde la liste des internationaux, on comprend l'interrogation du président de l'OL. Abidal (France), Coupet (France), Clerc (France), Malouda (France), Wiltord (France), Cris (Brésil), Fred (Brésil), Juninho (Brésil), Tiago (Portugal), Carew (Norvège) ou encore Müller (Suisse) ont ou vont rejoindre leur sélection cette semaine. Soit neuf titulaires présents au coup d'envoi face à Rennes.
Un vrai rappel à l'ordre
Fin décembre, la première défaite de la saison face à Lille n'avait pas vraiment inquiété les Lyonnais. « La tête déjà aux vacances », estimaient plusieurs joueurs tout en signalant les douze points d'avance sur Lens. Aujourd'hui, le discours n'est plus le même. « Le sentiment qui m'anime est un sentiment d'immense déception mêlée à une certaine inquiétude, a ainsi lancé Jean-Michel Aulas. Il faut trouver les solutions pour que cela n'arrive plus. Un petit coup de pouce du destin a fait que Bordeaux a concédé un match nul sur sa pelouse contre Metz. Nous disposons donc toujours de six points d'avance mais je le répète : il ne faut pas sous-estimer cette défaite. Il faut désormais travailler pour retrouver le chemin de la victoire. »
Une petite note d'optimisme
Même si rien n'a fonctionné pour les Lyonnais samedi soir, Gérard Houllier a refusé de tomber dans un discours alarmiste. Au contraire, l'entraîneur des quadruples champions de France a tenu à relativiser. « Il reste encore onze matchs, a souligné le technicien. Un proverbe souvent utilisé dit qu'il est préférable de perdre une fois sur un gros score que de perdre régulièrement sur un score étriqué. Cette défaite est peut-être un mal pour un bien. Elle va nous permettre de nous remettre en question et travailler. Et si on nous avait dit en début de saison qu'on aurait six points d'avance au soir de la 28eme journée avec simplement deux défaites, on aurait signé immédiatement. »